Coup de projecteur sur ... Marion CLAIREAUX

[LES PROJETS DES AMBASSADEURS]
Coup de projecteur sur… Marion CLAIREAUX
A l’issue d’un travail de trois ans en Norvège, Marion CLAIREAUX, Ambassadrice FIER SPM, a récemment présenté sa thèse ayant pour thème « L’évolution induite par la pêche ».

FIER SPM : Marion, vous vivez à Bergen – Norvège – depuis 3 ans, comment s’est passée cette expatriation ? Quelles sont les particularités de la vie dans ce pays Scandinave et y avez-vous remarqué des similitudes avec la vie à Saint-Pierre-et-Miquelon ?

MC : Bergen est une ville étudiante fantastique, il y a beaucoup de choses à faire ! Ma vie ici se passe très bien, la qualité de vie y est excellente. C’est un pays qui met l’accent sur le côté humain et social : peu de gens vivent dans la rue par exemple.

Ce qui a été le plus difficile au départ, c’est l’hiver.  En effet, les jours y sont très courts, le soleil se lève à 10h et se couche à 15h, et il pleut beaucoup !

Comme sur l’Archipel, on sent un lien fort des habitants à la mer. Avant l’exploitation des hydrocarbures et l’enrichissement du pays, la Norvège vivait de ses ressources halieutiques, et la plupart des activités se centraient autour de la pêche. Aujourd’hui encore, la pêche reste une activité primordiale pour le pays et beaucoup d’attention est portée à l’exploitation durable des stocks.

La vie est également très chère, mais cela est contrebalancé par le fait que les salaires sont également plus élevés.

 

FIER SPM : Pouvez-vous nous expliquer comment se déroule la vie d’une doctorante : répartition du temps entre recherches, animation de cours… ?

MC : Contrairement aux doctorants qui sont employés par l’Université et ont l’opportunité de passer une année à enseigner ou encadrer des étudiants, j’étais employée à l’Institut de Recherche Marine – l’équivalent d’IFREMER en France. Je n’avais donc pas d’heures allouées pour l’enseignement dans mon contrat, et mon temps était donc essentiellement consacré à la recherche et la préparation de conférences. J’ai donné environ une conférence par an (Exeter, Victoria, Florence et Oslo), me permettant chaque fois de présenter mon travail. Cela me permettait d’avoir une dead-line à respecter dans le cadre de mes recherches !

Dans le cadre de mon doctorat, j’avais aussi l’obligation de passer au moins 3 mois dans un groupe de recherche à l’étranger, afin de développer mon réseau et voir ce qu’il se fait ailleurs. J’ai donc passé 4 mois à Glasgow, en Ecosse, avec Shaun Killen, à expérimenter sur le comportement des poissons.

 

FIER SPM : Quelles différences avez-vous pu constater entre le milieu universitaire français et norvégien ?

MC : La comparaison est assez difficile puisqu’en France j’étais étudiante et ici plutôt du côté enseignant, la perception est donc totalement différente. Je pense cependant qu’en Norvège, il y a plus d’attention portée à la pédagogie, à la façon dont les cours sont enseignés… mais je ne souhaite pas m’étendre sur le sujet car c’est assez difficile pour moi d’y apporter un jugement.

 

FIER SPM : Vous venez donc de présenter votre thèse, pouvez vous nous en dire plus sur la thématique que vous avez choisie ?

MC : J’ai découvert le sujet sur lequel j’ai travaillé pendant mon stage de 1ère année de master avec Bruno Ernande, à l’IFREMER. Le travail portait sur l’évolution induite par la pêche chez la Sole.

Durant ce stage, j’ai eu l’occasion de me documenter plus en profondeur sur ce phénomène d’« évolution induite par la pêche ». J’ai ainsi découvert qu’il s’appliquait à la morue du Canada (je ne rentrerai pas dans les détails ici, mais les curieux peuvent me contacter pour en savoir plus). Comme c’est une thématique qui me touche particulièrement du fait de mes origines, cela m’a donné envie de continuer. Bruno m’a alors mise en contact avec Katja Enberg, ma maître de stage à Bergen, qui est devenue ma maître de thèse ensuite.

Tout s’est alors enchainé et je suis venue m’installer en Norvège.

 

FIER SPM : Le hareng est une espèce qui a longtemps été victime de surpêche, qu’en est-il aujourd’hui ? Une comparaison pourrait-elle être faite avec la morue qui évolue dans nos eaux ?

MC : Le hareng a commencé à être surexploité dans les années 60 et le stock a disparu pendant 20 ans pour soudainement réapparaitre avec quasiment les mêmes caractéristiques. En comparaison, le stock de morue au Canada n’a jamais réatteint le niveau auquel il était avant la surexploitation, et la morue est maintenant plus petite et se reproduit plus jeune.

Ces différences s’expliquent par le fait que ces deux espèces ont un mode de vie très différent et n’utilisent pas leur énergie de la même manière : dès que le hareng est mature, il met presque toute son énergie à la reproduction, alors que la morue en conserve pour continuer à grandir.

 

FIER SPM : Votre thèse est-elle disponible ? Où peut-on la lire ? Pourra-t-on y avoir accès en langage simplifié ?

MC : Ma thèse est en effet disponible en ligne sur le site de l’université de Bergen (NDLR : lien en fin d’article). Cependant, une partie des articles ne sont pas visibles car en attente de publication. Je peux cependant transmettre la version complète en PDF aux personnes qui seraient intéressées.

Ma thèse est composée de quatre articles, ainsi que d’une synthèse (introduction + conclusion). Cette synthèse a été écrite dans le but d’expliquer les notions de base que j’utilise dans mon travail et les résultats de mes recherches. Elle devrait donc suffire pour comprendre l’ensemble de la thèse, pour ceux qui n’ont pas le courage/ le temps de lire les quatre articles en entier (ce que je comprends totalement).

 

FIER SPM : Après avoir étudié le comportement de ce poisson, envisagez vous revenir poursuivre une étude similaire à Saint-Pierre-et-Miquelon ?

MC : J’aimerais beaucoup participer à un projet de recherche sur Saint-Pierre-et-Miquelon ! Comme j’aimerais rester habiter à Bergen, la situation de rêve pour moi serait de venir collecter des données, pour ensuite repartir les analyser à Bergen. Peut-être qu’une coopération Franco-Norvégienne est envisageable.

 

FIER SPM : Quels sont aujourd’hui vos projets ? Souhaitez- vous rester en Norvège ? Revenir à Saint-Pierre-et-Miquelon ?

MC : Au niveau professionnel, j’aimerais élargir mon horizon et étudier plus généralement l’impact de l’homme sur l’évolution des espèces (pêche, changement climatique, urbanisation…). Pour le moment, j’ai deux opportunités qui me sont offertes : une à l’Institut de Recherche Marine et une autre à l’Université. À long terme, j’aimerais beaucoup devenir professeur et enseigner en master ou licence, mais je garde mes options ouvertes pour le moment.

Au niveau personnel, il est plus pratique pour moi de rester à Bergen. Comme mon compagnon vient de changer de travail, il est difficile pour lui de déménager dans un autre pays. J’envisage tout de même de revenir bientôt à Saint-Pierre quelques semaines. Cela fait quatre ans que je ne suis pas revenue, et je commence à sentir le besoin de revenir aux sources.

 

La thèse de Marion est disponible ici : https://bora.uib.no/handle/1956/18901

 

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